Le 1er septembre, c'est dans moins de deux semaines. Et à en croire les messages qu'on reçoit chez Digitic en ce moment, beaucoup d'entreprises réunionnaises se posent la même question, souvent formulée avec une pointe de panique : « on n'a rien préparé, on risque quoi ? »
Respirez. Voilà où en sont les choses exactement, ce que l'administration vient d'annoncer, et ce que vous pouvez encore faire d'ici la fin du mois.
Ce qui devient obligatoire le 1er septembre (et ce qui ne l'est pas encore)
Remettons les obligations dans l'ordre, parce que la confusion fait plus de dégâts que la réforme elle-même. Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, quelle que soit leur taille. L'obligation d'émettre, elle, ne concerne à cette date que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. Pour les TPE, PME et micro-entreprises, c'est-à-dire l'immense majorité du tissu économique réunionnais, l'émission devient obligatoire un an plus tard, le 1er septembre 2027.
Autrement dit : si vous êtes artisan, indépendant ou dirigeant de PME, personne ne vous demande d'envoyer vos factures via une plateforme le mois prochain. Ce qu'on vous demande, c'est d'être capable d'en recevoir. La nuance est de taille. Et oui, les micro-entrepreneurs en franchise de TVA sont concernés aussi : vous ne facturez pas la TVA, mais vous restez assujetti, donc dans le périmètre de la réforme.
Ce que l'administration vient d'annoncer
Deux nouveautés récentes, passées un peu inaperçues dans le bruit ambiant. D'abord, un guide pratique officiel a été publié ces dernières semaines pour répondre aux questions concrètes de mise en œuvre. C'est la ressource la plus utile parue à ce jour, gardez-la sous le coude.
Ensuite, et c'est le plus important : le ministre de l'Action et des Comptes publics a annoncé que le démarrage de la réforme se ferait dans une approche de « bienveillance et de tolérance » à l'égard des entreprises qui rencontreraient des difficultés au 1er septembre.
Traduction : il n'y aura pas de chasse aux retardataires le 2 septembre au matin. L'administration sait parfaitement qu'une partie des entreprises ne sera pas prête, et elle l'a dit publiquement. Mais attention à ne pas lire ce message de travers. Ce n'est pas un report. La réforme démarre bien le 1er septembre, les grandes entreprises vont bien commencer à émettre, et la tolérance est là pour accompagner le démarrage, pas pour l'annuler.
Pourquoi il ne faut pas s'asseoir dessus pour autant
Parce que vos fournisseurs, eux, vont s'y mettre. Dès septembre, les grandes entreprises et les ETI (opérateurs télécom, énergie, grossistes, centrales d'achat) émettront leurs factures via les plateformes agréées. Si votre entreprise n'est raccordée nulle part, ces factures vont chercher à vous joindre par un circuit bancal : documents qui se perdent, relances, litiges sur les délais de paiement. Le vrai risque à court terme n'est pas la sanction, c'est la pagaille administrative.
Et à terme, le PDF envoyé par mail entre deux entreprises françaises assujetties ne sera tout simplement plus conforme. Autant prendre le virage maintenant, tranquillement, plutôt qu'en 2027 dans l'urgence.
Concrètement : trois choses à faire cette semaine
- Désignez votre plateforme agréée. C'est elle qui recevra vos factures fournisseurs. Il en existe une centaine, la liste officielle est sur impots.gouv.fr. Si vous travaillez déjà sur Odoo, bonne nouvelle : Odoo est officiellement plateforme agréée, la réception s'active directement dans votre base, sans outil supplémentaire.
- Organisez la réception en interne. Qui traite les factures fournisseurs chez vous ? Prévenez cette personne que le canal change : les factures n'arriveront plus seulement par mail ou par courrier, mais sur votre plateforme. Notre checklist en 6 points couvre le tour complet de la question.
- Posez vos questions maintenant, pas le 2 septembre. Un numéro national d'assistance a été mis en place, le 0 806 807 807. Votre expert-comptable est aussi un bon réflexe. Et Digitic répond présent, évidemment.
Et à La Réunion, ça change quelque chose ?
La réforme s'applique bien dans les DOM, avec quelques subtilités locales : TVA à 8,5 %, octroi de mer, flux avec la métropole. On leur a consacré un article entier, écrit depuis ici et pas depuis Paris.
Vous voulez faire le point sur votre situation avant l'échéance ? Écrivez-nous : un échange de trente minutes suffit en général à savoir où vous en êtes et ce qu'il reste à faire. Sans dramatiser, mais sans attendre 2027 non plus.